Archives pour la catégorie interface vivant/ artificiel

Quand les hamsters régnaient sur la terre @ Visages du Monde

///

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Durant l’été 2013, j’ai été accueilli en résidence de création vidéoludique à Visages du Monde, un lieu dédié à la création numérique situé à Cergy (95), sur l’invitation de Xavier Girard, directeur artistique du lieu. J’avais choisi de travailler sur des systèmes d’interface mettant en communication l’humain et l’animal par le biais du jeu vidéo.

« Quand les hamsters régnaient sur la terre » est le résultat de cette résidence. Il s’agit d’un ensemble d’installations mettant en scène des épreuves olympiques entre des animaux en chair et en os et des humains, dans un univers fictionnel où les hamsters ont pris le contrôle de la planête et réduit les hommes en esclavage.

Le premier dispositif, Hamster Olympics, est un jeu d’athlétisme, à la manière de l’antique Track n’ Field qui oppose un hamster et un joueur humain. Le hamster cours dans une roue munie de capteurs qui vont enregistrer la vitesse de ses déplacements et les retranscrire à l’écran. Le joueur humain, quand à lui, doit courir face à une Kinect.

Le second dispositif, Hamster Olympics: Fish Edition est un jeu de natation entre des poissons rouges et un joueur humain. Une caméra placée au dessus de l’aquarium capture les mouvement des poissons et va les retranscrire à l’écran . Le joueur humain devra de son côté mimer des mouvements de nage face à un capteur Kinect.

J’avais brièvement abordé ce sujet avec Mormyre-pong, un jeu qui permettait de jouer à Pong avec des poissons. Je souhaitais ainsi, par le biais du jeu vidéo concevoir une interface entre le monde animal et humain, qui partagent le même espace, les mêmes temporalités, mais sans toutefois se comprendre ou parfois en s’ignorant mutuellement. Il s’agissait donc d’appréhender le jeu comme une plateforme de communication entre deux espèces tout en mettant en scène une fable anthropomorphique, où les animaux auraient remplacés les êtres humains en s’appropriant la planète et en exploitant ses occupants égoïstement, sous couvert de spécisme.

Quand les hamsters régnaient sur la terre @ Visages du Monde from Florent Deloison on Vimeo.

Crédits :

Développement Arduino : Adlane Abbioui
Musique et sons : Mehdi Djebbari
Fabrication sculptures : Johnanna Hartzheim & Lénaïck Predon
Intendance : Audrey Navy
Graphisme additionnels, photos & vidéos : Xavier Girard
Illustration affiche : Vincent Rio

Remerciements :

Henri Morawski, Morgane Morisseau

_________________________________________

(Poor nose Amy lay hang less )

During the summer of 2013, I was in residence at Visages du Monde, a place dedicated to digital creation in Cergy (Paris suburbs), at the invitation of Xavier Girard, artistic director of the venue. I chose to work on interface systems enabling communication between human and animal through video games.

« Quand les hamsters régnaient sur la terre » (When hamsters ruled the earth) is a set of installations featuring Olympic events between real animals and humans , in a fictional universe where hamsters took control of the planet and reduces men into slavery.

The first installation , Hamster Olympics is an athletic game , like the old Track n ‘Field, opposing an hamster and an human player . The hamster runs in a wheel equipped with sensors that will record the speed of his movements and transcribe those on the screen. The player must run in front of a Kinect which record the speed of his movements.

The second game , Hamster Olympics: Fish Edition is a game between a goldfish and an human player . A camera placed above the aquarium captures the movement of fish and will transcribe them on the screen. The human player must in turn mimic swimming movements in front of a Kinect sensor.

« When Hamster ruled the earth » is a playful device who question with acidity an anthropocentrism rooted in our culture. Entrusting game controllers to animals, to make them as efficient as a joystick, transforming them into a communication device. Man and animal speak the same language : the playful and sporty performance , in a competition which turns to the absurd.

Exposition: Quand les hamsters régnaient sur la terre

//

Du 15 novembre au 23 décembre 2013

Visages du Monde / 10, place du Nautilus – Cergy-le-Haut
Tel : 01 34 33 47 50 Contact / accueil.vdm@ville-cergy.fr

Horaires d’ouverture / Mardi, mercredi, jeudi et vendredi
de 12h30 à 19h00 / Samedi de 12h30 à 18h00 /
Dimanche de 12h30 à 17h00

VERNISSAGE ouvert à tous
Vendredi 15 NOVEMBRE 2013 à partir de 18h00

 

A l’issue de la première résidence “arts numériques” à Cergy, l’artiste
Florent Deloison dévoile le scénario d’une humanité dominée par le
monde animal. Après avoir domestiqué les hommes, hamsters et
poissons (rouges) deviennent de redoutables adversaires de jeu. A
travers ses pièces vidéo-ludiques, l’exposition vous offre de représenter
votre espèce dans plusieurs épreuves olympiques face à des animaux
en chair et en os.

Croisant les références au cinéma de science fiction, à l’histoire politique
du XXe siècle et au jeu vidéo des années 80 ou 90, les jeux de Florent
Deloison nous plongent dans des expériences décalées à forte portée
symbolique. Ici, le dispositif ludique interroge avec humour et acidité un
anthropocentrisme enraciné dans notre culture. En confiant des
contrôleurs de jeu à des animaux, en les rendant aussi efficients qu’un
joystick, il devient dispositif de communication. Homme et animal parlent
le même langage : celui de la performance ludique et sportive, d’une
compétition qui vire à l’absurde.

Né en 1983, Florent Deloison est artiste contemporain et enseignant à
l’ENSCI. Depuis ses études à l’Ecole d’arts d’Aix-en-Provence puis à
l’ENSAD, il choisi le jeu vidéo comme son principal support d’expression
artistique. Exposées notamment au Centre Pompidou ou au 104 (Futur en
Seine 2013), ses pièces interrogent notre rapport à la société de
l’information, à l’économie et à la politique.

Xavier Girard

 

HAMSTER OLYMPICS intro from VdmLab on Vimeo.

//

Mormyre-pong


Suite à l’excellent workshop Mormyrophone (plus d’infos ici et ici ), mettant en scène des mormyres, poissons produisant un champ électrique pour se repérer dans leurs environnements, mon projet était de fabriquer un dispositif permettant de jouer à un jeu vidéo (pong, en l’occurrence ) avec le poisson.


D’un coté le joueur humain dirige la raquette de droite avec un clavier , tandis que le poisson contrôle la raquette de gauche à l’aide de sa manette spéciale. La manette du mormyre est un tube dans lequel il aime passer le plus clair de son temps. Ce tube est équipé d’une électrode à chaque extrémité, servant à mesurer l’intensité du champ électrique . Ces électrodes sont reliées à la carte son d’un ordinateur avec un jack, chaque électrode correspondant à une voie. Ce système permet de localiser le poisson dans le tube-contrôleur. Si le champs électrique est plus intense sur l’électrode de gauche que sur celle de droite, alors on en déduit que le poisson se trouve à gauche dans le tube. Si le poisson est à gauche, la raquette va à gauche et si le poisson est à droite, alors la raquette se place à droite. Étant donné que le poisson n’a aucun retour visuel pour savoir ou se trouve la balle un deuxième dispositif est installé sur le tube: deux circuits équipés d’un interrupteur. Dès que le circuit est fermé, le mormyre se prend en quelques sorte son champs électrique dans la gueule, et il n’apprécie pas trop. Il va donc aller à l’autre extrémité du tube, la où ce feedback est inexistant. Ainsi, si le joueur humain renvoie la balle vers la gauche de l’écran, une impulsion de ce type va être envoyé sur la droite du tube, obligeant le poisson à aller à gauche, ce qui aura pour effet de positionner la raquette à gauche sur l’écran (vous suivez ? ).

Tout cela reste théorique, car en pratique ça ne marchait pas (ou mal), mais avec un peu plus de temps (et des poissons 2.0 compatible java ) j’espère pouvoir arriver à ce résultat.

Bien évidemment dans ce dispositif on ne joue pas réellement à pong avec un poisson ( quoiqu’avec les progrès de la science viendra peut être un jour où je pourrais jouer à Doom avec mon poisson rouge…), il s’agit plus d’un conditionnement, un peu comme ces tours avec des animaux dans les cirques, où l’animal n’a pas conscience du sens de l’action qu’il exécute, c’est notre regard et notre compréhension qui fait sens.


En tout cas, le principe du jeu video utilisé comme interface de communication entre l’animal et l’humain me paraît être une piste sur lequel j’aimerais continuer à travailler, tout en utilisant comme base théorique les concepts d’Henri Laborit , entra perçu dans l’excellent film d’Alain Resnais, Mon oncle d’amérique .